Présentation

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Maurice Fombeure naît le 23 septembre 1906 au hameau de « La Rue » à Jardres dans le département de la Vienne. Il passe son enfance chez ses grands-parents maternels à Ogeron commune de Bonneuil-Matours.

Passé par l’Ecole normale d’instituteurs et la faculté de Poitiers puis par l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, Maurice Fombeure est professeur de lettres au lycée Lavoisier à Paris.

Ses premiers poèmes paraissent en 1925 dans La ligne de cœur de Julien Lanoë, puis dans La nouvelle revue française et Le mercure de France. La plus grande partie de ses œuvres est publiée aux éditions Gallimard.

Lauréat du Grand Prix de poésie de la Ville de Paris en 1958 et du Grand Prix de poésie de l’Académie française en 1980, Maurice Fombeure décède le 1er janvier 1981 et repose au petit cimetière de Bonneuil-Matours.

« Il faut lire Maurice Fombeure, c’est quelqu’un qui parle français, un certain français, un certain vers français, clair et gai comme du vin blanc, et aussi adroit et prompt dans son empressement dactylique que le meilleur Verlaine. La veine de Villon et Charles d’Orléans »

Paul Claudel

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Bonneuil-Matours

Je suis chez moi, oui je suis chez moi. D’ailleurs je ne suis chez moi qu’ici. Pas de toit. Pas de murs. Je m’adosse à la forêt. Devant moi la Vienne coule et file plus loin que mes regards. A mi-pente on a creusé le village. Vu d’ici, entre mes pieds il est rouge et bleu, rouge de tuile et bleu d’ardoise. Une fumée mince oscille comme un peuplier. C’est chez le père Foussart.

Tout autour, l’air vibre de grillons et de mouches. Elles remontent de la rivière avec la brise. Elles nagent en plein courant comme les araignées sur l’eau. — Pourquoi me prenez-vous la main ? Je ne suis pas triste. Je suis ému. — Ah non ce n’est par la même chose. Il me semble que j’ai toujours été assis là à écouter passer le temps. Jusqu’à présent j’étais comme les écureuils qui roulent de feuille en branche. Aujourd’hui je me sens amarré pour l’éternité. Et puis, par la pensée, par les souvenirs, par les regrets je touche aux quatre points cardinaux. Je sais que mon grand-père arrache des pommes de terre au lieu dit « Le Poirier de Ribes » — donc à ma gauche. Ma grand’mère garde sa chèvre sur « La Chaume » — à ma droite. En bas, devant moi, dans le bourg, mon père veille sur la scierie, son décamètre à la main. Ils sont tous là vous dis-je. Ils me tiennent et je les tiens comme une boucle. […]

Maurice Fombeure, La rivière aux oies, 1932

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